jeudi 18 juin 2009

Baccalauréat 2009 : quelques suggestions d'analyse

Ces quelques éléments ne constituent pas la seule analyse possible, mais visent à éclairer le sens des sujets.

Sujets de T.L.
1) L'objectivité de l'histoire suppose-t-elle l'impartialité de l'historien ?
De prime abord, en tordant un peu les termes, ce sujet ne semble pas poser de problème : il oppose la subjectivité implicite de l'historien à l'objectivité des faits. Et pourtant, le risque est grand de réduire l'histoire à une approche seulement objective : s'il y a bien quête de savoir et de vérité en histoire, est-elle de l'ordre de l'explication ou de la compréhension ? Cet écart que s'autoriserait l'historien à faire preuve de subjectivité raisonnée, ne tient ici pas seulement à son statut de sujet connaissant, mais relève de l'histoire elle-même qui met en action des sujets agissants, interprétant le sens de leur engagement. Ainsi il faut remettre en cause le présupposé de l'objectivité de l'histoire comme si elle était donnée, et pas également construite par le discours dont elle relève.


2) Le langage trahit-il la pensée ?
Le sujet apparaît ici d'emblée problématique, dans la mesure où il semble bien que nous pensons avec les mots, et qu'en même temps nous éprouvons les limites du langage. De ce fait comment atteindre la vérité si ce qui nous permet de penser nous trompe ? Attention ici encore au présupposé du sujet qu'il faudra alors critiquer : dans quelle mesure pouvons-nous poser en extériorité le langage et la pensée ? Il faut alors distinguer le langage de ses formes : la langue et la parole pour tenter de comprendre comment nous exprimons la pensée, parfois sous des formes symboliques qui permettent de dépasser les limites du langage.

3) Texte de Schopenhauer.
Peu de difficultés majeures dans ce texte, dont le thème général est le désir. Il s'agit de se demander en fait si l'on atteint le bonheur en satisfaisant le désir. Or la thèse de Schopenhauer consiste à développer le paradoxe du désir : il nous coûte finalement toujours plus que ce qu'il nous rapporte. On saisit alors l'enjeu : n'y a-t-il finalement de bonheur que dans le renoncement au désir ? On a pu dégager trois parties à ce texte : 1 : toute satisfaction est le fruit d'un désir, on finit pourtant par découvrir qu'elle est perverse car elle provient de la cessation du trouble causé par ce même désir. 2 C'est que le désir demande un travail incessant, dont la finalité n'est que sa propre disparition. 3 Il n'y a donc jamais de véritable bonheur, seulement une privation de la souffrance.

TS
1) Est-il absurde de désirer l'impossible ?
Méfions-nous de l'apparente facilité de l'énoncé : il s'agit ici d'un paradoxe. En effet on serait tenté de dire que si cela est impossible, à quoi bon le désirer ; mais en même temps si l'on ne désirait que des choses possibles, à quoi bon désirer ? Il faut alors faire son sort aux divers sens de désir, de la volonté rationnelle à l'illusion, pour noter que finalement le désir révèle notre humanité qui, en se confrontant à l'impossible ne cesse de dépasser notre caractère fini.

2) Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond ?
Quel est le statut des questions auxquelles les sciences n'apportent pas de réponse ? Traduisent-elles les limites de la science, ou au contraire révèlent-elles par là qu'elles sont finalement infondées ou absurdes ? Car si la science traduit bien notre désir de connaissance, et donc entreprend de répondre aux questions, elle produit un mode de questionnement spécifique méthodique et rationnel. Dès lors s'il y a des questions auxquelles elle ne répond pas, il faut statuer sur leur objet. Peut-être découvrira-t-on alors que certaines questions ne sont pas infondées, et qu'elles peuvent même fonder la science elle-même, tandis que d'autres traduisent notre insatisfaction devant un monde désenchanté.

3) Texte de Tocqueville
Ce texte de philosophie politique entreprend de répondre à l'une des questions fondamentales de la politique : comment dépasser l'intérêt particulier. Or la thèse de Tocqueville consiste à dire qu'il ne s'agit pas de se confronter directement à l'intérêt général pour y intéresser les particuliers, ces derniers y parviendront en remarquant peu à peu le caractère toujours politique et général des relations sociales, fussent-elles particulières.

samedi 23 mai 2009

ORAL DE VALIDATION DU COURS DE L1

Les oraux de validation du cours de L1 « Introduction à la théorie politique »  de Mr. Schneckenburger auront lieu le mercredi 27 mai de 14h à 17h en salle C 223.


Les étudiants ayant opté pour un devoir supplémentaire doivent l'apporter à cette occasion, date limite de remise des travaux.


lundi 11 mai 2009

Textes critiques de la démocratie : Marx et Tocqueville

Texte de Marx critiquant le caractère seulement formel des droits de l'homme :

Aucun des prétendus droits de l'homme ne dépasse donc l'homme égoïste, l'hom­me en tant que membre de la société bourgeoise, c'est-à-dire un individu séparé de la communauté, replié sur lui-même, uniquement préoccupé de son intérêt personnel et obéissant a son arbitraire privé. L'homme est loin d'y être considéré comme un être générique; tout au contraire, la vie générique elle-même, la société, apparaît comme un cadre extérieur à l'individu, comme une limitation de son indépendance originelle. Le seul lien qui les unisse, c'est la nécessité naturelle, le besoin et l'intérêt privé, la conservation de leurs propriétés et de leur personne égoïste.
Il est assez énigmatique qu'un peuple, qui commence tout juste à s'affranchir, à faire tomber toutes les barrières entre les différents membres du peuple, à fonder une communauté politique, proclame solennellement (1791) le droit de l'homme égoïste, séparé de son semblable et de la communauté, et reprenne même cette proclamation à un moment où le dévouement le plus héroïque peut seul sauver la nation et se trouve réclamé impérieusement, à un moment où le sacrifice de tous les intérêts de la société bourgeoise est mis à l'ordre du jour et où l'égoïsme doit être puni comme un crime (1793). La chose devient plus énigmatique encore quand nous constatons que l'émancipation politique fait de la communauté politique, de la communauté civique, un simple moyen devant servir à la conservation de ces soi-disant droits de l'homme, que le citoyen est donc déclaré le serviteur de l' « homme » égoïste, que la sphère, où l'homme se comporte en qualité d'être générique, est ravalée au-dessous de la sphère, où il fonctionne en qualité d'être partiel, et qu'enfin c'est l'homme en tant que bourgeois, et non pas l'homme en tant que citoyen, qui est considéré comme l'homme vrai et authentique.
La question juive, Marx, 1843


"Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres: ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et, s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie.
Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?
C'est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l'emploi du libre arbitre ; qu'il renferme l'action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu chaque citoyen jusqu'à l'usage de lui-même. L'égalité a préparé les hommes à toutes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.
Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l'avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière; il en couvre la surface d'un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d'agir, mais il s'oppose sans cesse à ce qu'on agisse ; il ne détruit point, il empêche de naître ; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.
J'ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu'on ne l'imagine avec quelques-unes des formes extérieures de la liberté, et qu'il ne lui serait pas impossible de s'établir à l'ombre même de la souveraineté du peuple."
Tocqueville, De la Démocratie en Amérique (1835), éd. 10/18, p. 361-362.

Module Fondamental "introduction à la théorie politique"

Les étudiants de L1 sont conviés au module optionnel "introduction à la théorie politique" qui aura lieu en C 101 de 9 heures à 11 heures.

Nous y effectueront un parcours bibliographique et problématique parmi les grands auteurs de la théorie politique.

TL : Plan du cours sur la politique

Le cours sur la politique a pour axe principal la détermination de l'ordre spécifique de la politique en tant qu'instance ordinatrice.

I – Penser l'autonomie politique : la cité grecque
II – Le moyen du politique : le pouvoir
A/ La spécificité du politique : autorité/contrainte
B/ D'un prétendu droit du plus fort...
C/ Les sociétés sans État sont elles sans pouvoir ? Clastres – La Boétie
III – La forme du politique : l'État
A/ L'irruption de la modernité : vers le principe de souveraineté, nouvel ordre législatif
B/ La théorie contractualiste : Hobbes
C/ Le principe de souveraineté : « L'estre qui donne la forme à l'Estat ».
IV – L'idéal de la politique : la démocratie ?
A/ L'impossibilité de penser la démocratie dans l'État
B/ Rousseau et la pensée moderne de la démocratie
C/ L'État de droit et ses limites de Montesquieu à Marx.
V – La fin de la politique : la guerre

mardi 5 mai 2009

Premières définitions philosophiques

Remarque : mise en page temporaire


analogies

du grec analogos signifie à proprement parler « qui est en rapport avec » et renvoie à la proportionnalité de quatre termes pris deux à deux (A/B=C/D). Plus généralement désigne toute comparaison entre éléments semblables sous un aspect malgré leurs différences. Ainsi en est-il des métaphores et allégories. En philosophie, la question de l'analogie pose la question des limites de leur pertinence.

Concept

Un concept est une idée abstraite d’un phénomène, dans son sens le plus universel.

« La philosophie est l’art de former, d’inventer, de fabriquer des concepts. » Gilles Deleuze, Qu’est-ce que la philosophie.

Conscience

La conscience désigne la pensée humaine dans ce qu’elle a de spécifique. Être conscient, c’est se savoir à  l’origine de la représentation du monde. Le sujet conscient pense le monde qui l’environne, et, en même temps se sait en train de penser. Cette activité réflexive est la définition même de la conscience. Elle se sait claire et se connaît elle-même dans un sujet.

"Aucune vérité n’est donc plus certaine, plus absolue, plus évidente que celle-ci : tout ce qui existe, existe pour la pensée, c’est-à-dire l’univers entier n’est

qu’objet à l’égard d’un sujet, perception que par
un esprit percevant, en un mot il est pure représentation. "
SCHOPENHAUER
(1788-1860),
Le
monde comme volonté et représentation.

Définir - Définition

Définir consiste à donner les caractéristiques d’un être ou d’un phénomène. Cette opération suppose que l’on connaisse en même temps l’ensemble des êtres qui ont les mêmes caractéristiques – ce que la logique appelle l’extension d’un concept – et les caractéristiques de ces êtres - la logique parlant ici de compréhension.

« Définir, c’est nier. » Spinoza, Lettre à Jaris Jelles du 2 juin 1674.

Entendement

Dans un premier sens, l'entendement désigne simplement notre compréhension, comme dans l'expression « qu'entendez-vous par là ».

Plus précisément, l'entendement désigne chez Descartes, la faculté de comprendre distincte des sensations, elle suppose donc une réflexion contrairement à l'imagination.

Chez Kant, l'entendement n'est qu'une des facultés de penser, qui doit ordonner les sensations.

Descartes, Sixième Réponses :  « c'est l'entendement seul qui corrige l'erreur du sens »

Essence

Du latin essentia, qui traduit le grec ousia, substance ou être. L'essence d'une chose définit la nature même d'une chose par différence avec ce qui peut lui arriver. Ainsi la couleur n'est qu'un accident d'une chose comme un livre dont l'essence est de contenir des mots. à distinguer ensuite du sens existentiel chez Sartre et Husserl.

Évidence

Il s'agit d'une une connaissance qu'il n'est nul besoin de démontrer. Le phénomène de l'évidence mêle des considérations psychologiques à une acte de connaissance : il s'agit à la fois d'une certitude et d'un croyance.

Les évidences peuvent être trompeuses, lorsqu'elles reposent par exemple sur l'illusion ; elles peuvent au contraire désigner un connaissance certaine en raison de la force et de la clarté avec lesquelles elles apparaissent.

On doit toutefois faire une distinction entre une simple opinion et une évidence. Car si l'opinion semble s'imposer à nous, nous avons parfois des opinions dont la démonstration reste à faire pour la convertir en certitude. Ce que la philosophie désigne comme évidence, après Descartes, c'est une « idée claire et distincte. » que l'on peut saisir immédiatement.

Or, dès que l'on se demande ce que l'on veut vraiment désigner par « homme », il nous faut recourir à une démonstration qui n'est pas immédiate. « Le premier [précepte de la méthode] était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle : c’est-à-dire d’éviter soigneusement la précipitation et la prévention ; et de ne comprendre rien de plus en mes jugements, que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute. » Descartes (1596-1650) - Discours de la méthode – 1637, Seconde partie.

Fatalisme / Déterminisme

Le fatalisme désigne toute doctrine fondée sur la croyance en la prévisibilité et la nécessité des
événements, généralement d’origine transcendante. Les divinités, la nature, les astres apparaissent à l’origine du destin humain, sur lequel ce dernier n’aurait pas prise.

En revanche, le déterminisme considère qu’il n’y a pas d’effet sans cause, et que la connaissance des causes permet de prévoir les effets, car ceux-là répondent à des lois nécessaires. Le déterminisme inverse donc les conséquences du fatalisme : l’effet ne résulte pas d’une fin ultime, mais des conditions antérieures. « Ce n’est pas le déterminisme, mais le fatalisme qui est l’envers de la liberté » attribué  à Sartre : On a même pu affirmer que le déterminisme, si on se gardait de le confondre avec le fatalisme, était plus humain que la théorie du libre arbitre : si, en effet, il met en relief le conditionnement rigoureux de nos actes, au moins donne-t-il la raison de chacun d’eux et, s’il se limite rigoureusement au psychique, s’il renonce à chercher un conditionnement dans l’ensemble de l’univers, il montre que la liaison de nos actes est en nous-mêmes : nous agissons comme nous sommes et nos actes contribuent à nous faire. »

Génocide

De genos, la race, et cide, qui tue. Tentative d'extermination d'un groupe déterminé. En droit français, catégorie de crime contre l'humanité, comme défini par les statuts de la Cour internationale de La Haye.

Le génocide a ceci d'intolérable, qu'il transforme la naissance ou l'appartenance à un groupe idéologique, ou social en un crime passible de la mort.

genre – espèce – individu Repère

 Classer est une opération de pensée, qui regroupe ce qui est semblable, et distingue ce
qui possède des différences. Le
genre regroupe des ensembles qui ont une caractéristique commune importante, tandis que les espèces désignent, au sein d'un genre, des groupes dont on discerne des différences spécifiques, les espèces. L'individu est le plus petit membre d'une espèce, c'est-à-dire celui à partir duquel il n'est plus possible de faire apparaître une nouvelle distinction. 

Ainsi en est-il des trois règnes, minéral, végétal ou animal ; ou au sein du règne animal, les genres que sont les mammifères et les oiseaux. Ces derniers appartiennent au règne animal, car cette caractéristique l'emporte par ses implications sur les différences qui désignent les espèces ; mais en revanche, des différences sont assez  évidentes pour opérer une différence entre oiseaux et mammifères. 

Le problème philosophique et méthodologique tient aux critères retenus pour faire ces regroupements. On peut tout d'abord montrer que l'histoire des classifications fait toujours apparaître les exceptions, comme l'ornithorynque. D'où vient alors l'ordre de classement ? Est-il dans les choses elles-mêmes, ou vient-il d'un choix humain ?

Illusion

Traditionnellement on oppose l'illusion à l'erreur, car si l'on peut rectifier l'erreur, l'illusion se maintient même lorsqu'on la dévoile. Comme dans le cas de l'illusion d'optique : car même si l'on sait que ce n'est qu'une illusion, elle continue de tromper les sens.
S'agissant de la liberté, on peut maintenir le concept
d'illusion car la liberté demeure aussi un état
intérieur confus qui s'illusionne sur ses capacités.






Indiscernabilité


Principe
établi par Leibniz dans sa
Monadologie
1714,
§9 selon laquelle on ne peut trouver deux choses
rigoureusement identiques dans le monde, comme le donne à voir
l’exemple des feuilles de lierre qui ne seront jamais identiques.


« Car
il n’y a jamais dans la nature deux êtres qui soient
parfaitement l’un comme l’autre, et où il ne soit possible
de trouver une différence interne, ou fondée sur une
dénomination intrinsèque. »



Instinct


/Raison


Par
instinct,
nous désignerons une série de réactions
extérieures, innées, propre à une espèce
entière, adaptées à un but que le sujet ignore.
L’instinct, par la complexité des actions développées
va plus loin que le simple réflexe, ce dernier n’étant
qu’une réponse univoque à un stimulus extérieur.



Par
raison,
nous entendrons, une organisation des données de l'expérience
qui va au-delà de l'habitude ou de la simple répétition.
Elle peut envisager des faits fictifs et nouveaux.





Nominalisme


Doctrine
qui récuse la réalité des concepts généraux,
comme humanité, justice, etc… et ne voit en eux que l’effet
de conventions de langage. Elle débouche sur le principe du

rasoir
d’Occam

selon lequel il faut procéder avec parcimonie dans les
explications des phénomènes en proscrivant le recours à
des explications complexes et transcendantes.


Entia
non sunt multiplicanda praeter necessitatem,: « Les entités
ne doivent pas être multipliées par delà ce qui
est nécessaire » Attribué à Guillaume
d’Ockham (1285-1349)



Obligation
- Contrainte


Repères.
L’obligation

revêt un caractère moral, ce que je dois faire en vertu
d’un engagement, d’une règle morale ou juridique.


Mais
ces règles, à leur tour, supposent aussi que la
transgression est toujours possible.


La

contrainte
renvoie à tout ce qui s’impose à moi et que je ne
peux éviter. La contrainte est extérieure, et je ne
peux sans doute pas la dépasser. Elle désigne souvent
une réalité matérielle : contrainte physique,
violence de fait.






Origine/Fondement


Repères.
À
la question « quelle est l'origine de… »,
plusieurs réponses sont possibles, selon que l'on s'interroge
sur le commencement historique ou sur la justification. Ainsi en
est-il pour Rousseau qui distingue l'origine historique de
l'inégalité parmi les hommes de celle de la
justification de l'ordre politique : ce qui le légitime
désormais. On peut également faire la différence
entre le fondement logique d'un processus et celui de l'origine ou de
l'occasion qui l'a vu naître.






Paradoxe


Du
grec
para,
contre, et
doxa,
opinion, qui va à l'encontre d'une opinion établie.
Dans le langage courant, le paradoxe renvoie aussi à une
contradiction, ou à une incertitude logique. Il y a d'ailleurs
des paradoxes logiques célèbres : le Crétois qui
affirme que tous les crétois mentent est-il un menteur ? En
toute rigueur, la réponse est indécidable.



Dès
lors, le paradoxe est toujours fécond : soit qu'il remette en
cause une opinion toute faite, soit qu'il manifeste les limites du
langage.





Pathologique


Une
pathologie désigne avec Bichat une affection des fonctions
vitales. Aujourd’hui, on dira «
Est
pathologique tout ce qui s'oppose, au sein d'un organisme, au plein
exercice des fonctions (vie végétative, reproduction et
comportement).
»
Encyclopédie
Universalis






Race
- racisme


Le
biologiste classe les animaux en différentes espèces,
« groupe de populations naturelles effectivement ou
potentiellement interfécondes, isolé par rapport aux
groupes similaires au plan de la reproduction. ».


Le
terme de race a toujours été utilisé pour
classer les groupes humains et animaux dans une visée
hiérarchique et évolutionniste. Parler de « races
humaines » c’est croire qu’il existe des différences
biologiques suffisantes pour former des groupes humains aux mœurs
homogènes à partir desquelles on peut déduire
des inégalités. Les théoriciens du XIXI°

siècle ont tenté d’élaborer une typologie des
races : blanche, noire, jaune, à partir des caractères
les plus visibles. Les généticiens aujourd’hui
proscrivent le terme de race qui ne renvoie plus à aucune
réalité constatable, et récusent tout passage du
biologique au culturel.



Gobineau,
Essai
sur l’inégalité des races
1853-55 :
« toute civilisation découle de la race blanche »


Lévi-Strauss,
Race
et Histoire

1952


Scolastique



École
philosophique médiévale fondée sur la tentative
de conciliation des textes antiques avec le dogme chrétien.
Elle repose essentiellement sur des exercices rhétoriques de
commentaire de certains textes canoniques, à partir des
travaux de Thomas d’Aquin (1225-1274) qui préconise la
soumission de la raison à la foi.


«
[...] au lieu de cette philosophie spéculative qu'on enseigne
dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par
laquelle, connoissant la force et les actions du feu, de l'eau, de
l'air, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous
environnent, aussi distinctement que nous connoissons les divers
métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même
façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et
ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature »

Descartes,
Discours
de la méthode
,
Sixième partie 1637


Spéculation


Au
sens courant, hypothèse infondée. Au sens
philosophique : questionnement purement théorique.


« C'est,
en effet, l’étonnement qui poussa, comme aujourd'hui, les
premiers penseurs aux spéculations philosophiques. »

Aristote,
Métaphysique
A


syllogisme


Le
syllogisme désigne un enchaînement de trois propositions
liées logiquement. Des deux premières, désignées
comme prémisses, ont peut conclure à la vérité

ou à la fausseté de la troisième sans erreur
possible.


Exemple
de syllogisme vrai :


Tous
les hommes sont mortels


Les
philosophes sont des hommes


Les
philosophes sont mortels.


« le
syllogisme est un discours dans lequel certaines choses étant
posées, quelque chose d’autre en résulte
nécessairement. » Aristote,
Organon,
Premiers analytiques.



Volition
:





Acte
de la volonté





Appétit


Désir
lorsqu'il est appliqué à l'un des besoins organiques.



Spinoza
Éthique
III, II Scolie : « les décrets de l'Ame ne sont
rien d'autre que les appétits eux mêmes et varient
en conséquence selon la disposition variable du Corps. »


Déterminer


Au
sens le plus large, déterminer, c'est produire le motif de
l'action, qui peut-être au sens le plus fort une cause
nécessaire.






Volonté


La
volonté désigne la faculté de l'esprit par
laquelle nous déterminons l'idée d'un acte à
produire ou à stopper. En cela elle semble distincte de
l'effort et du désir ou appétit, par ce qu'elle se
présente consciemment.



« La
volonté consiste seulement en ce que, pour affirmer ou nier,
poursuivre ou fuir les choses que l'entendement nous propose, nous
agissons de telle sorte que nous ne sentons point qu'aucune force
extérieure nous y contraigne. » Descartes,
Quatrième
Méditation Métaphysique

7


« La
volonté est conçue comme une faculté de se
déterminer soi-même à agir
conformément

à la représentation de certaines lois
. »
Kant,
Fondements
de la métaphysique des mœurs
,
deuxième section.


Transcendance


L'idée
de transcendance désigne ce qui va au delà. Il y a
transcendance divine car ses attributs ou pouvoirs dépassent
tout ce que le monde produit de lui-même ou ce que les hommes
pensent.



Mais
il y a également transcendance dans l'acte même de la
pensée humaine qui en posant l'existence d'objets exterieurs
pose en même temps sa propre irréductibilité au
monde des objets.


Transcendant
s'oppose à immanent.


Berkeley,
troisième
dialogue
entre Hylas et Philonous
:

« Dieu est un être doué de perfections
transcendantes et illimitées ; sa nature est donc
incompréhensible pour des objets finis. »


Transcendantal


Chez
Kant, le transcendantal désigne la qualité du sujet
pensant à fonder les conditions a priori de la connaissance.
Cela signifie que la connaissance n'est possible que par un sujet
qui, avant toute expérience, possède dans son
entendement les catégories du jugement qui vont constituer les
objets perçus, par les formes pures de la sensibilité

qui appartiennent en propre au sujet : l'espace et le temps.






Substance


Le
terme de substance traduit ce qui chez Aristote demeure le support
d'un être par delà ses changements. Ainsi qu'est-ce que
la substance d'un homme qui change au cours de sa vie, passant de
l'enfance à l'âge adulte. Le terme grec est
ousia.
ούςια.


Chez
Descartes, est substance « ce qui n'a besoin que de soi
pour exister ». La substance corporelle a pour attribut
essentiel l'étendue, (longueur, largeur et profondeur) ; la
subtsance pensante, la pensée.



Descartes,
Principes
de la
philosophie,
I, § 51 :


« Lorsque
nous concevons la substance, nous concevons seulement une chose qui
existe en telle façon qu’elle n’a besoin que de soi-même
pour exister. »


Intentionnalité


Concept
propre à la phénoménologie de Husserl et Sartre,
emprunté au philosophe Brentano, qui refuse que l'on fasse de
la conscience quelque chose que ce soit, en affirmant que la
conscience est toujours une transcendance.



«Toute
conscience est conscience de quelque chose » Husserl


Corps


Il
faut distinguer le sens de corps matériel, celui qu'étudie
par exemple la physique, du corps humain, lié à
l'esprit.


Un
corps est une partie de la matière qui occupe un espace et
possède une figure et une masse.



Le
corps humain ne se rapporte pas aux autres corps, car il est le siège
de la perception et des émotions.


Descartes
: « Par le
corps,
j’entends tout ce qui peut être terminé par quelque
figure
; qui peut être compris en quelque lieu, et remplir un espace
en telle sorte que tout autre corps en soit exclu ; qui peut être

senti,
ou par
l’attouchement,
ou
par la
vue,
ou
par
l’ouïe,
ou
par le
goût,
ou
par
l’odorat
;
qui
peut être mû en plusieurs façons, non par
lui-même, mais par quelque chose d’étranger duquel il
soit touché et dont il reçoive l’impression »

Seconde
Méditation
.


Maurice
Merleau Ponty : « Il ne faut pas dire que le corps est
dans l'espace ni d'ailleurs qu'il est dans le temps. Il habite
l'espace et le temps. »
Phénoménologie
de la perception
p.
162




TL : Sujet texte sur la politique

Expliquez le texte suivant :

« La politique, entendons-nous dire, est une nécessité impérieuse pour la vie humaine, qu'il s'agisse de l'existence de l'individu ou de celle de la société. L'homme ne vivant pas en autarcie, mais dépendant des autres pour son existence même, il doit avoir un souci de l'existence qui concerne tout le monde, sans lequel précisément la vie commune ne serait pas possible. La tâche et la fin de la politique consistent à garantir la vie au sens le plus large. Elle permet à l'individu de poursuivre ses objectifs en toute tranquillité et en paix, c'est-à-dire sans être importuné par la politique – peu importe la question de savoir dans quelle sphère de vie se situent ces objectifs que la politique est censée garantir : il peut s'agir, au sens de l'Antiquité, de permettre à un petit nombre de s'occuper de philosophie ou bien encore, au sens moderne, de garantir à la multitude la vie, un gagne pain et un minimum de bonheur. En outre, étant donné, comme l'a remarqué Madison*, que dans cette communauté on a affaire à des hommes et non pas à des anges, le souci de l'existence ne peut s'effectuer que par l'intermédiaire d'un État qui possède le monopole de la violence et qui empêche la guerre de tous contre tous. »

ARENDT Hannah, La politique a-t-elle encore un sens ?Fragment 3b (posthume)

Remarques :
* Il s'agit ici de James Madison, 4° président des États-Unis (1809)